illusionnons-nous!



“Entretiens avec Jean-Pierre Ronfard” par Robert Lévesque

Un petit bouquin tout à fait génial!

Je viens de terminer sa lecture. Une longue entrevue très complète qui se lit facilement vu sa pertinence et sa clarté. Vraiment passionnant et donne une vue d’ensemble sur la vie de Jean-Pierre Ronfard, son cheminement artistique et professionnel ainsi que son travail avec le NTE et sur Vie et mort… Une vraie perle pour moi; j’étais très contente et je vous le conseille… Bon, le livre date de 1993, mais il s’avère malgré tout excellent et ce qui est vraiment bien, c’est que Ronfard nous partage ses propres visions.

Voici donc quelques points résumant des informations que j’intégrerai dans ma recherche.

Biographie de Jean-Pierre Ronfard

- Naît au nord de la France, dans un petit village à la limite de la Belgique.
- Il fait ses études à Lille et c’est là qu’il commence à faire du théâtre.
- L’une des premières pièces de théâtre qu’il voit est L’école des femmes de Molière. C’est en 1943 et il a alors 14 ans. Déjà, il trouve la pièce très érotique à cause du décolleté des servantes.
- À 15 ans, il participe à une troupe d’amateurs de Douai nommée “Les Compagnons de la joie”. C’est en 1947-1948 qu’il fait sa première mise en scène avec eux. C’est un fait étonnant puisqu’il a beaucoup moins d’expériences que ses partenaires. Sa première mise en scène est un nô japonais intitulé Les ombres sur la rivière. Jean-Pierre Ronfard restera toujours attaché dans l’esprit au théâtre amateur.
- Il entreprend des études universitaires en philologie.
- En 1955, il devient professeur au lycée français de Thessalonique en Grèce, puis il enseigne cinq ans à l’université de Lisbonne au Portugal. Par la suite, il déménage à Vienne et enseigne à l’Institut français et à l’université de Vienne.
- En 1960, il reçoit une invitation pour déménager au Canada, de la part des créateurs de l’Écone nationale. Il ne connaît alors rien de la culture québécoise, à l’époque “canadienne française”.
- Il devient le premier directeur de la section française de l’École nationale de théâtre du Canada. Il fait aussi beaucoup de mise en scène.
- Sa première mise en scène au TNM est Oreste. Il remarque alors que la grande différence entre le théâtre en France et au Québec, c’est que les comédiens québécois mettent vraiment toutes leurs tripes sur la scène.
- Il est aussi metteur en scène à l’Égrégore, où il monte entre autres Ubu Roi.
- En 1969, il devient secrétaire général du TNM.
- Parallèlement, il fait une tournée en Afrique avec une troupe bicolore. La troupe passe par le Tchad, la République centrafricaine, le Cameroun, le Bénin et le Gabon. Cette expérience lui fait découvrir des lois et une idée de la culture très différentes de celles qu’il connaît alors. Deux traits le frappent particulièrement en Afrique: le concept d’organisation très différent du nôtre et l’importance extrême de l’oralité, des contes, des mythes.

 
 
 

 

Sa pensée (général)
- Le théâtre n’est pas de la fiction télévisée. Il faut s’éloigner de l’esthétique du banal quotidien.
- L’idéal au théâtre est le couple auteur/metteur en scène comme l’ont été Tremblay et Brassard (il admire ici davantage le concept que ces créateurs en particulier)
- Selon lui, l’ordre décroissant des plaisirs du théâtre sont l’écriture, la répétition, la mise en scène, l’enseignement puis le métier d’acteur. Mais dans tous les cas, il s’agit d’un réel plaisir.
- Au NTE, on fait peu appel à de vrais scénographes, costumiers, éclairagistes professionnels. On n’utilise pas de talents réels, et pourtant ça aiderait considérablement le théâtre. Le NTE est très exigeant, physiquement fatigant. Le TNM ou tout autre théâtre institutionnel est plus reposant, bien que plus contraignant.
- Or, il préfère travailler avec un petit budget, ce qui permet de ne pas oublier l’essentiel du spectacle. Ça éloigne aussi l’aspect d’enfant gâté qu’on retrouve trop souvent chez l’artiste.
- Pour lui, le TEM représente une liberté immense et une organisation rationnelle de sa propre vie. Page 109.

L’écriture
- “Nous devrions tous, à toutes les étapes de la création, être obsédés par la recherche d’une poétique spécifique au théâtre et conjuguer nos efforts pour la mettre en pratique.” Jean-Pierre Ronfard, page 10.
- Le texte a une importance évidente. Nécessité de la qualité littéraire. L’acteur doit avoir un maniement conscient et sensible de la parole. “Ce qui compte c’est que chaque mot soit nécessaire.”
- Les plus beaux textes de théâtre, selon lui: Molière, Racine, Marivaux, Claudel, Ionesco, Tremblay (davantage pour le rythme que les personnages et les situations), Normand Chaurette, Robert Claing (un de ses compagnons au NTE) et René Daniel Dubois.
- C’est grâce au théâtre expérimental qu’il se met à écrire des pièces plus personnelles. Avant cela, il est paralysé par la culture, qui le pousse à écrire du faux, comme un pastiche du classique.

La mise en scène
- Au TNM, on se souvient particulièrement de sa mise en scène sur Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau et sur Ha! Ha! de Réjean Ducharme. 
- En tant que metteur en scène, il parle de la salle de répétition ainsi: “On cherche, on tâte, et puis peu à peu la réalité émerge, à la fois incontestable et absurde.” (p.12)
- Sa vision de la mise en scène: Scruter en mettre en valeur le contenu du texte plutôt que la volonté de l’auteur, qui elle est insaisissable et illusoire. “Il suffit de bien lire pour se rendre compte que toutes les indications sont dans le texte, même s’il n’y a pas de didascalies explicites” (p.70)
- Après avoir bien lu, il faut être sensible à ce que le texte réveille en soi. D’abord user d’objectivité, puis faire confiance à sa subjectivité.
- Faire attention de ne pas rendre un texte actuelle de manière superficielle.
- “Sans vouloir la dépeindre, le théâtre exprime l’histoire.”

L’enseignement
-
Jean-Pierre Ronfard apprécie le plaisir de faire découvrir des choses, celui de la pédagogie. Il affirme même avoir plus de plaisir à faire découvrir un texte qu’à s’exprimer lui-même.
- Il aime beaucoup sa première année à l’École nationale de théâtre du Canada, ce rapport d’accoucheur de jeunes artistes.
- Selon lui, la pédagogie artistique a un côté dangereux, car bien que le maître doive conserver sa position d’autorité, les élèves ne doivent pas être tentés de l’imiter pour réussir. IL NE FAUT PAS TRANSMETTRE DES MOULES.

Le métier d’acteur
- Sur le jeu du comédien: p.72 et p.74
- Comment détecte-t-on un comédien? p.77

Vie et mort du roi boiteux
- Naissance de l’oeuvre: Réflexion sur Richard III de Shakespeare. De plus, provient de l’idée que dans la vie, tout le monde se croit roi de quelque chose (exemple du fameux Roi de la Patate!)… et que tout le monde boite. À la base, idée d’un spectacle de cabaret fantastique appelé Shakespeare’s Follies.
- Certains membres du NTE assistent à un cycle de réunions où ils présentent le résumé des pièces de Shakespeare qu’ils doivent lire chaque semaine. Ces lectures et ce partage d’idées mènent ensuite à l’écriture de textes pseudo-shakespeariens.
- Finalement, Ronfard prend les commandes de l’écriture de cette oeuvre. Son idée prend racine dans la conception de l’arbre généalogique de deux familles: les Ragone et les Roberge. Jean-Pierre Ronfard écrit et ses compagnons le guident, commentent sa création.
- L’écriture des six pièces représent un an d’écriture, et toute la création dure environ deux ans. Anecdote de la première lecture p.121
- On retrouve dans l’oeuvre les thèmes de l’infirmité, de l’imperfection.
- Les pièces sont jouées intégralement les 24 et 25 juin 1982 à Montréal, autour et dans l’Expothéâtre, puis sur le campus de l’université Bishop de Lennoxville, et finalement à Ottawa et à Hull.
- Le spectacle n’a pu se faire que grâce à la structure autogestionnaire. Aucune institution n’aurait tenté cette expérience.
- Ils ne bénéficiaient que d’une subvention de 50 000$. Cet argent était alloué comme pour une seule pièce, étant donné que l’oeuvre entière se retrouvrait sous le même titre de Vie et mort du roi boiteux.
- Problème: Bien qu’ils soient 25 à participer à la création de cette oeuvre, la loi de l’unanimité règne. Donc, si une personne est en désaccord, tout bloque. Ça a fonctionné malgré tout, mais au prix de réunions interminables. Cette conception a donné naissance à une esthétique bâtarde, bien que ce n’était pas n’importe quoi.
- La conception consistait aussi à trouver des lieux qui ont une architecture caractéristique et à utiliser celle-ci. Il ne fallait pas implanter un faux théâtre. Il s’agit d’une grande réflexion sur l’espace théâtrale. Ces conditions permettent parfois des hasards épatants. (Anecdote du rayon de soleil)
- Cette création laisse le souvenir d’une fête, d’une journée entière consacrée au théâtre. Le public y était intégré, quoi qu’il ne participait pas directement, et celui-ci applaudissait la représentation mais aussi sa fierté d’avoir assisté à la journée complète.
- Réaction à la suite de cette gigantesque création: d’abord l’épuisement. Il n’y a jamais eu de reprise, à cause d’un manque d’argent mais aussi parce que ce n’est pas dans l’esprit ou le style du NTE.
- Dans le même élan, Jean-Pierre Ronfard écrit ensuite La mandragore.

Conclusion
- P. 154

En orange: à compléter.


Commentaires

  1. yannickgelinas dit :

    Wow! Tu as tout mis! ;)
    - cela te sera vraiment utile -

    J’aime beaucoup l’utilisation que tu fais de ton blogue. Tu te l’es vraiment approprié.

    Envoyé 1 year ago
  2. yannickgelinas dit :

    Wow! Tu as tout mis! ;)
    - cela te sera vraiment utile -

    J’aime beaucoup l’utilisation que tu fais de ton blogue. Tu te l’es vraiment approprié.

    Envoyé 1 year ago
  3. marysebrisson dit :

    C’est toi l’épagneul !!!!!!

    Envoyé 12 months ago
  4. kategrimpedanslesrideaux dit :

    Ceci me sera utile aussi! Merci beaucoup petite-grande dame!

    Envoyé 11 months, 3 weeks ago


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