illusionnons-nous!



Vie et mort du roi boiteux

On entre dans le vif du sujet!

Vie et mort du roi boiteux
Une épopée sanglante et grotesque, en six pièces et un épilogue.

Qu’est-ce que cette oeuvre gigantesque, qui dans son intégralité dure quinze heures?

(Note pour la recherche: Voir le cahier III page 2. Le premier paragraphe et le témoignage de Robert Gravel. Explication de l’inspiration de l’oeuvre de Shakespeare.)

Texte et mise en scène de Jean-Pierre Ronfard. La première mise en scène fut représentée de juillet 1981 à janvier 1982, en plusieurs parties, dans les cours extérieures de l’École Nationale de Théâtre du Canada ainsi qu’à l’Espace Libre.

Résumé très résumé:
Richard Premier naît dans un quartier populaire de Montréal. Il est fils de François Premier, mort en Azerbaïdjan en voulant s’y construire un royaume, et de Catherine Ragone, la reine mère. L’oeuvre suit la vie de Richard le boiteux, de son enfance jusqu’à l’âge adulte, alors que celui-ci cherche à tout prix la gloire et le pouvoir. Il évolue dans un contexte familial étrange, dans une querelle constante opposant les Ragone aux Roberge. Richard parvient à triompher de tous ceux qui lui bloquent le passage, allant même jusqu’à tuer sa propre mère. Or, alors qu’il touche au succès, au sommet de l’Empire State Building, Moïse, un enfant de la famille oublié surgit suivi de son peuple et le tue.

Dans la première production, Robert Gravel interprète de roi boiteux. Il s’agit d’une oeuvre épique gigantesque, hors des limites connues de la production théâtrale québécoise, autant institutionnelle qu’expérimentale. Un résumé n’offre pas l’essence de la pièce, sa variété de tons, de thèmes et de personnages. Les péripéties se succèdent; les envolées lyriques succèdent aux obscénités; le familier se mêlant au légendaire. D’ailleurs, la pièce est inspirée autant des grandes oeuvres – sources d’inspiration universelles – que d’oeuvres du Québec.

Quand le cycle complet a été joué, le spectacle comptait 24 comédiens et comédiennes qui interprétaient 253 personnages, avec 800 costumes et 800 accessoires.

Pour cette production, la méthode de répétition utilisée était celle des “maquettes”. On avait tracé sur le sol, en réduction, la géographie du lieu de représentation (soit les cours extérieures de l’École Nationale). La même méthode fut ensuite reprise chez Jean-Pierre Ronfard, sur une table. Dans les deux cas, les comédiens manipulaient des objets symbolisant leurs personnages et fixés au bout d’une tige, suivant la mise en place et interprétant leur rôle.
Cette méthode oblige à utiliser énormément l’imagination, à grossir les intentions du jeu. Il s’agit d’un moyen d’exploration nouveau et unique. Certains comédiens ont des réserves face à ce type de répétition. Ils ont, par exemple, beaucoup de mal à crier autour d’une table. Cependant, d’autres y trouvent de l’inspiration, créant par exemple un personnage moins stéréotypé que s’ils avaient joué dès le début sur une scène. De plus, la méthode des “maquettes” permet de faciliter certains déplacements d’ordre pratique comme les entrées et sorties.


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